LA PEINTURE SUR VERRE

Saint Jean terrassant le Dragon

La peinture sur verre utilise des pigments cuits au four à haute température. Elle s'est développée en Occident au IXe siècle. Mais c'est au XIe siècle que les vitraux en verre de couleur et peints commencent à orner les églises d'importance.
L'historien du vitrail Jean Lafond donnait cette définition de la peinture sur verre :
« Peindre le verre, c'est essentiellement modifier sa translucidité. Tandis que le peintre de tableaux compose des nuances en mélangeant des couleurs, ..., le peintre-verrier choisit des verres teints sur lesquels il distribue l'ombre et la lumière. Il fait naître des formes en chargeant son verre, par une gradation qui va de la transparence à l'opacité, d'une matière noire ou brune qu'on appelle grisaille. »


Les étapes

D'une manière générale, on réalise d'abord le trait opaque. En fonction du sujet, on appliquera ensuite des traits d'accompagnement (plus clairs), ou on étendra une teinte moyenne sur laquelle on va réaliser des éclairages par enlevage de matière ou par la technique du putoisage afin de créer les modelés, répartir l'ombre et la lumière. Puis les rehauts et des traits de soutien permettront de renforcer les ombres et les contours. Sur l'envers de la pièce on pourra poser un lavis de grisaille très diluée pour adoucir les lumières franches ou nuancer les carnations, appliquer des émaux et du jaune d'argent pour colorer le verre.


Les matériaux

L'heure du bain


Le verre : On utilise un verre transparent de couleur ou clair, soufflé ou étiré.

La grisaille : elle est constituée d'un pigment (oxyde métallique) et d'un fondant vitrifiable qui permet de la cuire à 630°. Opaque, elle est utilisée pour réaliser le trait, les ombres et les modelés. La grisaille ne colore pas la lumière qui traverse le verre. Son rôle est de distribuer la lumière qui traverse le verre en modifiant son intensité.
Émaux, jaune d'argent : ils permettent de colorer un verre transparent et de disposer de plusieurs couleurs sur une même pièce de verre, en limitant ainsi l'utilisation du plomb. Ils colorent la lumière qui traverse le verre, contrairement à la grisaille. Ils sont généralement appliqués sur la face arrière de la pièce.
Les diluants : pour son application, la grisaille est mélangée à un diluant : eau, vinaigre, essence, et au Moyen-Âge le vin et...l'urine.
Les liants : Le liant permet à la grisaille d'adhérer au verre quand elle est sèche, ce qui la rend moins fragile pour les étapes ultérieures avant cuisson : gomme arabique, mais aussi essence grasse, sucre, etc.


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